25 ans plus tard, le referions-nous?

Le 17/01/2013
        
Adressé à tous les anciens, le "Génération Afrique" revient cette année sur ce bel anniversaire, les défis relevés, nous présente de nouveaux partenaires et de beaux trajets d'engagement. Bonne lecture!

Qui aurait pu dire il y a 25 ans que DBA  serait l’association que nous connaissons tous aujourd’hui ?

Certainement pas moi.

Et pourtant, lors de sa création, les ambitions ne manquaient pas. Pas toujours très structurées, parfois un peu chaotiques, plus proches de « la fleur au fusil » que de la machinerie bien huilée, les chantiers seront nombreux. Guidés par un enthousiasme indémontable, une envie de bouger qui deviendra plus tard un des slogans de DBA et surtout une volonté à toute épreuve, rien ne sera trop grand, trop dur, trop ambitieux, ce sera grand, ce sera beau ou ce ne sera pas.


Mais replongeons-nous 25 ans en arrière.

Suite à un séjour à vélo, de Bruxelles à Alger et face à l’incompréhension  des conditions d’existence des hommes et des femmes du Maroc et de l’Algérie, la volonté de faire quelque chose et de s’engager grandit.

Le 15 mars 1987 naît une association appelée Défi Belgique Afrique,avec comme objectifs de venir en aide aux populations déshéritées du Tiers-Monde en Afrique et du Quart-Monde en Belgique et de développer des activités d’éducation à l’attention des jeunes belges.


Après quelques péripéties dans le monde des grandes ONG, où nous ne nous  retrouvons pas, nous décidons d’avoir notre propre approche, notre marque de fabrique ! et cela en nous posant une simple question :

« Mais qu’est-ce qui nous a, un jour, donné envie de bouger ? Qu’est ce qui a fait qu’aujourd’hui nous donnons tout notre temps et notre énergie pour les autres ? »

La réponse est vite trouvée. La combinaison de l’effort physique et du dépassement de soi rencontrés à travers le vélo ainsi que la découverte de la réalité du terrain et de la compréhension des conditions de vie de nos amis du Sud constitue le fil rouge de nos actions durant les 5 premières années de DBA.



A peine 3 ans après sa création, Défi Belgique Afrique,  décide de se consacrer à 100% à la problématique des pays en voie de développement. Elle lance ce qui deviendra plus tard les Do It. Le premier challenge, appelé « Challenge Delta », combine le dépassement de soi, au travers d’une expédition cycliste en relais, entre Bruxelles et Athènes et un premier chantier de travail pour les jeunes belges. Il se situe dans une léproserie proche d’Alexandrie, en Egypte. Retaper des sanitaires pour des lépreux en traitement dans un centre et ce dans des conditions très difficiles constitue le véritable défi. Il est couronné de succès.

Cette expérience nous bouleverse et nous donne envie d’en faire encore plus. Jamais Défi Belgique Afrique n’a aussi bien porté son nom.


Nous allons plus loin, plus proche, plus…tout simplement.

1992 est caractérisée par la découverte de l’Afrique noire et de Burkina Faso. . Nous décidons d’abandonner le « Challenge sportif » pour nous consacrer à 100% à notre objectif principal : la sensibilisation des jeunes aux conditions de vie des Africains, à l’analyse écologique, économique, politique et humanitaire des causes et des conséquences de cette bombe à retardement que constitue aujourd’hui l’extrême pauvreté de Afrique.

Commence alors une période passionnante de découvertes de l’Afrique noire. Le  challenge « Do It For Africa» voit le jour et pose les jalons de ce qui constitue encore aujourd’hui une part importante de nos activités : la découverte des réalités du terrain.

Le choc des températures, le choc des odeurs, le choc des couleurs…le choc des cultures. Tout contribue à rendre cette initiative indispensable pour tous ceux qui ont connu DBA depuis le début. L’expérience n’a jamais été aussi forte ; les émotions aussi intenses et l’envie aussi grande…


Nous tenons le bon bout. DBA grandit encore

Nous  transformons le Do It For Africa en Do It With Africa, traduisant davantage l’échange entre les populations. Ce qui est aujourd’hui une évidence pour tous : Nous ne donnons pas, mais nous recevons…


Nous franchissons alors le grand pas de la sacro-sainte  « professionnalisation » que nous redoutions tant, pensant y laisser notre âme, pas uniquement le nôtre, mais celui de DBA.


Nous commençons par un membre permanent et puis deux jusqu’à cinq aujourd’hui! C’est cette équipe formidable qui aujourd’hui nous permet de déplacer les montagnes. Oui, nous déplaçons les montagnes, en Afrique, continent oublié ; nous les reculons plutôt ; pas n’importe quelles montagnes, celles de l’incompréhension, de l’indifférence et de l’intolérance….

Alors que tous les regards se tourne vers la Chine, l’Inde et le Moyen-Orient et que l’Afrique est une fois de plus repoussée dans l’ordre des priorités de nos grands dirigeants, la situation sur le terrain, au Burkina Faso, au Bénin, au Mali, au Sénégal, nécessite la plus grande attention.


Nous avons fait le bon choix. L’enthousiasme de l’équipe permanente est belle à voir, les projets se multiplient et l’impact dans les pays augmente.


Nous ne changeons pas ces pays, mais en « propulsant » plus de 200 jeunes chaque année en Afrique et pourquoi pas, à l’avenir en Asie, nous contribuons à maintenir l’éveil, à empêcher l’oubli et à transformer nos jeunes, qui en ont bien besoin….


DBA n’a pas fini, la tâche est immense, mais les regards croisés, les mains tendues, les messages échangés, les visages bouleversés nous invitent à persévérer…le combat en vaut la peine, la cause est noble, le retour est sans compromis….


Excellente lecture,


Vincent Roelandts, 

Membre fondateur de Défi Belgique Afrique


Le journal est disponible dans son intégralité ici

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