Regard croisé sur la situation de pauvreté en Bolivie

Le 06/06/2006
Après être partie plusieurs années en séjour d’immersion au Burkina et au Bénin, je me suis lancée à la découverte du continent latino américain et plus particulièrement de la Bolivie pour un séjour de 7 mois. J’y travaille en tant que stagiaire psychologue, dans une institution de lutte contre la maltraitance et de promotion des droits de la femme et de l’enfant.

La situation de la Bolivie est paradoxale : possédant tout ce qui suffirait à constituer sa richesse (du gaz, du lithium, de l’espace, une diversité de cultures incroyable), elle reste parmi les pays les plus pauvres de la planète.

Sa population souffre de plusieurs maux et l’on trouve à chaque coin de rue des enfants en quête de nourriture et, qui sait, peut-être feront-ils partie un jour de ces adolescents que l’on surprend en train de voler pour pouvoir sniffer. Puis il y a ceux qui cherchent un emploi et qui à défaut de le trouver, projettent de partir en Espagne. Enfin, il y a tous les mécontents, ceux qui s’estiment floués par leurs politiciens corrompus, ceux qui en veulent aux systèmes internationaux de venir voler ce qui appartient au pays.

Que dire alors des tensions sociales internes ? Celles qui opposent les indiens au système de pensée capitaliste de la région de Santa Cruz ? Celles qui affrontent les différents secteurs (capables de paralyser le pays en un clin d’œil) aux diverses mesures que prennent le gouvernement et les régions ? Celles qui divisent les désirs d’autonomie des uns tandis que les autres veulent un pays plus uni et solidaire ?

Les défis et les attentes sont grands en Bolivie… La période est propice aux changements mais jusqu’à quel point cela sera-t-il possible? Fraîchement élu, le premier président d’origine indienne tente d’implémenter la nationalisation des hydrocarbures et des projets quant à l’industrialisation de la coca ou la répartition des terres (l’espace ne manque pas en Bolivie mais toutes les terres ne sont pas cultivables et dans l’est de la Bolivie, certains propriétaires se retrouvent en possession de 100.000 hectares…).

Le 2 juillet prochain, auront lieu les élections de ceux qui devront prendre en charge la modification de la Constitution Politique de l’Etat. Une date importante pour tout le pays, qui devra également trancher, via un Référendum, la question des autonomies départementales. Les échéances sont courtes et tout le monde travaille d’arrache pied à la Bolivie dont il rêve, afin qu’un jour peut-être, ce rêve devienne réalité…

Laure Derenne.

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