Notre partenaire Jean-Baptiste Tondé, de retour dans son pays...

Le 26/10/2004
Du 27 septembre au 20 octobre 2004, j’étais en mission en Belgique. L’objectif principal de cette mission est de participer à la sensibilisation sur la problématique Nord /Sud dans des écoles de la partie francophone de la Belgique et d’encourager les élèves de 15 à 18 ans à prendre part à des camps d’échanges en Afrique, en vue d’aller à la rencontre et à la découverte des populations du Sud.

En dehors de l’aspect officiel de ce voyage, j’ai eu l’opportunité de m’ouvrir à certaines réalités de l’Europe qui me restaient inconnues ou méconnues nonobstant le fait que j’étais à mon 4ème voyage en Belgique. En effet, au fil des voyages, il y a une évolution de ma perception du monde occidental que j’idéalise de moins en moins, même si, paradoxalement, je trouve, humainement parlant, plus de similitudes avec l’Afrique. Je trouve parfois ridicule nombre de conceptions que j’avais il y a quelques années au sujet des rapports sociaux et humains en Europe. J’ai appris par exemple que les gens dispose d’un potentiel à l’ouverture et qu’il existe des blancs qui sont noirs dans l’esprit. J’ai plusieurs fois bénéficié de services et de renseignements, le plus simplement du monde, de gens inconnus.

C’est ainsi qu’au bout du compte, je me suis convaincu qu’il y a plus de passerelles qui relient le Nord au Sud, qu’il n’y a de gouffres qui séparent ces deux mondes. Parfois, les préjugés que l’on entretient par rapport à l’autre sont monstrueux. Il y a comme une prédisposition à la méfiance vis-à-vis de l’autre. Pourtant, il suffit de faire un pas, gratter un peu le vernis, ou tirer sur le rideau qui nous voile la face et qui cache la réalité, pour se rendre compte que l’autre est un semblable, un autre soi…, qui n’est pas si différent ni si loin qu’on le croit. Peut-être sont-ce les sociétés qui sont différentes et non les hommes ?! N’est-ce pas l’environnement extérieur qui permet ou qui exige à l’homme d’extérioriser plus facilement tel ou tel aspect de son caractère ? Mais le propre de l’homme ne réside-t-il pas dans sa capacité à soumettre cette nature quand elle est hostile? Dans ce cas, ai-je tort d’éviter des questions du genre 'pourquoi il y a tant d’écarts entre le Nord et le Sud', pour rêver d’un monde où le fossé entre pauvres et riches serait résorbé ?

Ce voyage m’a permis de me rendre davantage compte que même si l’Afrique est différente de l’Europe, en l’occurrence dans sa façon de voir le monde, dans sa manière de penser, d’agir et de réagir face aux évènements de la vie, il n’est pas bête de rêver à une plus grande solidarité internationale si les uns et les autres acceptent de s’ouvrir, la différence de l’autre étant source d’enrichissement.
Personnellement, je pense que c’est en mettant en commun nos différences, et nos forces (c’est-à-dire d’un côté les richesses économiques et les progrès techniques et de l’autre les valeurs socio-culturelles) que nous parviendrons à construire un monde de demain beaucoup plus juste et plus agréable à vivre. En effet, aujourd’hui plus qu’hier, l’humanité semble engagée dans une voie où l’économique prend le pas sur l’humain. Ce qui est source d’exploitations, d’injustices et de comportements qui nient au pauvre sa dignité puisqu’il est dorénavant perçu comme un objet économique et non plus comme un sujet. Si le Sud ne peut pas aider économiquement et techniquement le Nord, ne peut-il pas en revanche lui réapprendre le goût des petites choses et à redonner plus d’importance à l’homme qu’à l’argent ?

De toute évidence, la jeunesse ne saurait être mise à l’écart dans ce combat, car elle est responsable de l’avenir de l’humanité qui repose entre ses mains. Là réside toute la pertinence et la justesse des actions de DBA qui croit en une jeunesse capable de faire de belles choses et qui tente de lui faire ouvrir les bons yeux autour de lui et sur le monde à travers un programme adapté, pour lui permettre de contribuer au développement de l’autre et de tirer des leçons d’avenir sur sa façon de penser et d’être.
Je me réjouis qu’il y ait au Nord des personnes qui croient en la solidarité entre tous les hommes et qui se mobilisent à cet effet. Je me réjouis encore plus de recevoir chez moi de nombreux jeunes qui acceptent de se bouger pour les autres et qui acceptent d’aller voir par eux-mêmes se qui se passe vraiment au-delà des eaux, à des milliers de kilomètres de chez eux.

Inscrivez-vous à notre newsletter