BK2 : Maintenant africains...

Le 19/07/2014
                                                        

Bonjour à tous,

Chers parents, chère famille, chers amis, chère Belgique, nous avons tant de choses à vous dire, tant d’aventures à vous conter. Par où commencer ?

Nous avions abandonné notre récit à notre première semaine passée à Ouagadougou et à Koudougou. Nous voudrions à présent vous faire part  de quelques expériences vécues lors de cette deuxième super semaine, notamment à travers différents chantiers.

Tout d’abord, le chantier primaire touche aujourd'hui à sa fin. Ces sept jours d’animations, de rencontres avec les professeurs et Eugène le directeur ont été incroyable. Les enfants sont toujours plus motivés pour les activités que nous leur proposons. Que ce soit des jeux, des bricolages, de la peinture, des chants, ou des danses. Les 84 bambins que nous animons affichent toujours un grand sourire et rient aux éclats. Ils sont dynamiques, inépuisables, et en redemandent sans cesse, quel que soit le jeu. Nous avons également pu discuter avec les professeurs. Ils fournissent un travail extraordinaire. Cette année, la plus grande classe comportait 96 élèves, pour un seul professeur. Ils sont plus de 400 pour 6 classes. Ils ont déjà eu 120 élèves dans une classe.  Il n’y a pas assez de livres ni assez de places. Les premiers arrivés sont les premiers servis. Comment est-ce encore possible au 21ème siècle ? Ce chantier est plein de contraste : la joie des enfants côtoie des inégalités criantes et profondément révoltantes. Ce chantier nous a tellement apporté. 

Ce week-end, nous avons eu l’occasion de vivre le quotidien des familles  africaines  lors d’une immersion village. C’était très éprouvant ! Les petites filles de dix ans s’en sortent mieux que n’importe quel  garçon du groupe pour piller le mil. C’est impressionnant ! Nous avons appris à cuisiner le tô, plat traditionnel du Burkina, à cultiver les champs,…  Ils prennent une matinée entière pour préparer leur repas de midi. Ils prennent le temps, y mettent de l’amour. A partir de rien, ils font énormément. Une vraie leçon de vie. Pour beaucoup d’entre nous, cette immersion d’une journée est le moment le plus marquant du séjour. C’est tellement différent de ce que nous vivons…

Nous avons pu également découvrir le quotidien des burkinabés lors du chantier économique, prendre conscience des réalités autant positives que négatives. D’un côté une force de vivre admirable et impressionnante (le rire de Sibiri résonne encore dans nos têtes) mais d’un autre une pauvreté omniprésente et inacceptable. L’Afrique est ambivalente. Nous avons eu l’occasion de suivre un cireur de chaussures, d’aider une marchande de fruits, de travailler dans un maquis (petit restaurant), de vendre des galettes de sésames, de s’essayer au graphisme,… Ils ne savent pas s’ils mangeront le soir, tout dépend de la réussite de la journée. Nakassou le cireur de chaussure gagne moins d’un euro par jour, avec lesquels il doit se nourrir. Il a à peine 14 ans. La réalité est dure et nous nous rendons compte de la chance que nous avons. Nous avons eu du mal à les suivre. Ils sont aussi jeunes que nous, parfois plus. Ils nous étonnent ! Ils sont courageux, volontaires déterminés à s’en sortir. L’Afrique est plurielle: entre pauvreté, désir de s’en sortir, et chaleur humaine.

Les chantiers santé ont aussi eu lieu depuis nos dernières nouvelles. 2 jours de dépaysement total à Nandiala, 40 minutes de benne sur un chemin de terre bosselé pour arriver à un petit dispensaire où l’on voit une tout autre facette de l’Afrique, la précarité des soins de santé et le manque de personnels flagrant. Une grosse gifle qu’on se prend en mettant les pieds là-bas. C’est là qu’on s’est rendu compte des tonnes d’inégalités présentes ici, de l’énorme chance qu’on a de vivre du bon coté de la planète, celui où l’on manque de rien. Une belle immersion pleine de souvenirs gravés en nous pour toujours très certainement.

Enfin, notre chantier principal, le reboisement. Nous sommes tous les jours de plus en plus motivés, et de plus en plus sales (il faut bien se mouiller le maillot). Notre objectif : battre le record de 12 5OO arbres plantés.  On ne devrait pas avoir beaucoup de mal à y arriver. Il nous reste 2 jours de reboisement et nous sommes à 10 000 arbres, malgré la chaleur parfois étouffante et les intempéries. « Celui qui a planté un arbre dans sa vie n’a pas vécu inutilement ». Quelle fierté pour nous et nos correspondants d’en avoir planté 10.000. Les correspondants sont devenus  de vrais amis pour nous. Nos amitiés dépassent tout. Nous ne nous attendions pas à de tels rapports, à de tels liens. Voici un petit proverbe qui illustre bien ceci : « Il n’y a pas de plaisir comparable à celui de rencontrer un vieil ami, excepté peut-être de s’en faire un nouveau (Rudyard Kipling) ». Il y a de plus en plus d’échanges, de plus en plus d’émotions. Nos rassemblements sont toujours plus longs, plus chaleureux, plus dynamiques.  Il nous reste seulement quelques jours à vivre avec eux et nous comptons en profiter à fond ! Nos cœurs se pincent déjà à l’idée de les quitter, même si nous sommes impatients de vous revoir ! Ils nous ont clairement marqués à vie ! Ils nous ont énormément appris sur le sens de la vie.

Pour terminer, nous avons pu voir de nos propres yeux un des projets que nous avons financé grâce aux parrainages et grâce à nos actions : le barrage de Moka. Les villageois nous ont accueillis très chaleureusement et nous avons senti l’importance de ce barrage dans leur village.  La nappe phréatique n’est plus qu’à 60 centimètres du sol. Cette eau va leur permettre de cultiver toute l’année, même lors de la saison sèche. Ainsi, tout le village est protégé de la famine. Nous sommes fiers de nous, de vous tous qui nous avez soutenus ! Nous aurions dû nous bouger encore plus ! Voir tous ces sourires, toute cette reconnaissance, toute cette joie nous fait chaud au cœur !

Pour aller jusqu’à Moka, nous avons tous ensemble marché avec le BK1, Burkinabés et belges, blancs et noirs ! Quel défi multiculturel, un de plus ! Se mouiller le maillot, refouler la terre rouge du Burkina à 200 et montrer à tout le village de Moka à quel point nous sommes fière de notre engagement et du projet qu’on a mené toute l’année. Imaginez deux minutes 200 jeunes, chantez et dansez jusqu’à faire trembler le sol ! On se dit parfois que si certaines personnes pouvaient nous voir ici, voir notre dynamisme et la force qui se dégage de la jeunesse, ils y croiraient un peu plus à ce monde meilleur dont nous rêvons de plus en plus ici.

Aujourd’hui nous vivons notre dernière journée de chantier reboisement. Demain nous partirons crapahuter dans le sud de Burkina, prendre le temps, prendre du recul avant de vous retrouver. Nous avons hâte et en même temps nous sommes si tristes de quitter ce pays, ses habitants. La fin d’un voyage, mais le début de l’aventure.

Nous terminerons ces nouvelles par un bout de lettre qu’une personne qui nous est chère nous a écrite :                             

‘Nous voila donc un petit peu africains et africaines, baptisés aux sourires des gens, à la chaleur de leur accueil, à celle quelques fois si dure du soleil, à la douceur des nuits étoilées, à la sueur de vos chantiers, à la poussière des chemins, à la beauté des paysages… Nous garderons en nous tout ce que l’Afrique nous aura apporté, cette capacité à être heureux avec le peu qu’on a plutôt que d’être malheureux de ce qu’on n’a pas, ce courage qu’il faut quelques fois dans la vie pour lui garder de la force et du temps , ce sens de l’accueil souvent oublié chez nous, la beauté de la solidarité, quand elle permet aux hommes de bâtir un monde plus juste.’

A très bientôt pour tout vous raconter,

Gros bisous de nous tous,

Le BK2.      

PS : Petit mot du staff pour vous dire que tout va bien, même très bien d’ailleurs !

Tout d’abord, quel plaisir pour nous que d’encadrer vos enfants/amis dans cette aventure : quel dynamisme, quelle envie sans fin de vouloir échanger toujours plus, de vouloir mieux comprendre ces inégalités grouillantes dans les rues de Koudougou, quel esprit de défi sur le chantier de reboisement avec les plants qu’on peut maintenant apercevoir à perte de vue tellement les trous s'enchaînent et les eucalyptus prennent racines, quels sourires permanents et yeux pétillants devant tout ce qu’ils voient ici, en un mot : quel bonheur !

Nous revenons en Afrique depuis plusieurs années. Ici nous avons un jour noué des amitiés exceptionnelles, nous avons appris à donner, nous nous sommes surpassés, nous avons pleuré,… Une ou des années après nos premiers pas sur le continent africain, notre engagement ne fait que croitre encore et encore. Les réalités ici sont toujours plus marquantes, tant de changements doivent encore être réalisés. Emmener vos enfants ici, c’est notre manière de changer le monde, petit à petit. Merci à vous de croire en nous. Votre confiance est le début de l’aventure.

A très bientôt,

Alice, Laura, Céline, Marie, Louis, Rachel, Louise, Marielle, Vincent et Valentine.

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