BK2 : l'Afrique nous donne une leçon de vie

Le 26/07/2011
                                                

Abomey, 26 juillet 2011

 

Chers parents,

Chers amis,

Afongdja !

Par ou commencer ? Comment vous décrire la magie dans laquelle nous vivons depuis maintenant deux semaines ?

Nous logeons au Lycée Mafory. Nous avons la place qu’il nous faut, de bons cuisiniers et des toilettes parfois bouchées ! Nous accomplissons les tâches ménagères de bon cœur (du moins la plupart du temps). Le groupe se porte bien, l’ambiance est géniale. Nous vivons cette aventure si attendue à fond, profitant de chaque instant que nous offre ce voyage. Il y a toujours quelque chose à voir, à apprendre, à prendre pour ne jamais l’oublier. Nous évoluons au rythme des djembés, des danses et des chants. Les sourires sont partout, les rires fusent.

Chaque jour est une nouvelle aventure remplie de promesses. Vivre ici nous confronte aux réalités parfois dures de l’Afrique. Mais quelle Afrique ! Si riche en sourires, si vivante, si active mais si pauvre et précaire à la fois. Les mendiants, les petits commerces à la sauvette où les marchands ambulants tentent de se débrouiller avec les moyens du bord. La ville est colorée, bruyante. Les enfants sont partout : assis par terre, au coin d’une rue, juchés sur une mobylette. Curieux, ils nous observent, nous les « yovos » (hommes blancs).

Comme vous le savez sûrement, ici, on ne chôme pas. Chacun d’entre nous participe à différents chantiers, le principal étant le chantier de reboisement. Le terrain sur lequel nous travaillons se trouve à Dridji), à 45 minutes de la ville d’Abomey : Cela nous permet d’expérimenter, matin et soir, les périlleuses routes béninoises. Quelle aventure ! Sur place, nous avons vraiment l’impression de poser un geste utile. Que ce soit lors du défrichage, du piquetage, ou de la mise en terre de nos chers petits plants, on comprend tout le sens d’un proverbe d’ici : «Celui qui a planté un arbre n’a pas vécu inutilement ». C’est main dans la main avec nos correspondants que nous parcourons les quelques kilomètres qui séparent la route du terrain de plantation : une chouette occasion pour nous d’échanger, de se poser des questions, de débattre. Les sujets les plus divers sont abordés : la polygamie, l’homosexualité, la politique, la religion, pour ne citer qu’eux. Malgré nos cultures différentes, il arrive souvent que nos avis convergent et quand ce n’est pas le cas, c’est toujours dans un esprit de tolérance et de convivialité que l’on s’enrichit de l’opinion de l’autre. Evidement, on discute aussi de sujets moins sérieux : on parle de nos quotidiens, de nos habitudes, on rigole mais surtout, on chante beaucoup !

Alors que le chantier reboisement avance lentement mais sûrement, les chantiers secondaires s’enchainent également pour chacun d’entre nous.

Grâce à nos staffs qui se sont démenés pour nous permettre à tous d’accéder au chantier économique, nous avons pu vivre le temps d’une journée le quotidien d’un béninois. En immersion dans un maquis, une épicerie, un car-wash à l’africaine ou encore un vendeur d’eau ambulant, chacun a eu la possibilité de faire le plein d’échanges et de faire face aux réalités locales. Le charme européen de pas mal d’entre nous en a séduit plus d’un et des demandes en mariage resteront mémorables.

Certaines d’entre nous (eh oui, que des filles) ont également eu l’occasion de participer au chantier primaire : on anime les enfants de l’orphelinat  «La maison de l’écoute ». Le directeur, Médard, un instituteur courageux qui fait vivre 158 enfants sur son seul salaire, est vraiment gentil. Les enfants sont très motivés mais adorables. Nous avons placé cette semaine d’animation sous le signe de la magie. Chaque jour, en plus d’activités dynamiques et sportives, les enfants créent une partie de leur déguisement de sorcier. Leurs sourires, leurs petites mains qui agrippent les nôtres, leur intérêt pour nos activités nous font chaud au cœur. On gardera tous un souvenir ému de ce chantier plein d’humanité et de tendresse.

Outre ces deux premiers chantiers, le premier groupe du chantier santé est parti jeudi très tôt pour rejoindre l’hôpital St Camille. Anciennement uniquement dédié aux lépreux  et qui comporte aujourd’hui plusieurs bâtiments : certains spécialisés dans les maladies de peau, d’autres dans la renutrition, le VIH ou encore dans la réhabilitation de la femme dans la société. Séparés du reste du groupe, c’est accompagnés d’une staff et de notre infirmière, Valérie, que nous avons découvert cette nouvelle facette de l’Afrique via le sourire et le courage des médecins, de l’infirmière française Clémence et des patients. L’après-midi fut consacrée à l’animation des jeunes malades et accompagnants. Chaque sourire gagné, chaque rire grappillé est une petite victoire en soi et réchauffe nos cœurs remplis d’émotions intenses.  En fin d’après-midi, retour à la benne (les pick-up qui nous transportent durant ces deux semaines à Abomey), direction Agbokpa et son petit dispensaire de brousse attaché à une maternité. Deux naissances nous ont surprises après le repas : un garçon prématuré et une petite fille. Etrange coïncidence, les 2 mamans portent le même prénom… C’est épuisés par toutes ces émotions que nous nous endormons à 4 dans la toute petite pharmacie de la maternité. Vendredi, nous avons assisté aux consultations et à la séance de vaccination de la maternité et aux consultations du dispensaire. Enfin, vers midi, nous sommes rentrés vers le lycée Mafory rempli d’histoire que nous avons hâte de vous conter.

Samedi matin, nous nous sommes levés de bonne heure afin de se rendre aux collines de Dassa. Une fois là-bas, nous avons entamé l’ascension des collines durant laquelle nous avons la chance d’admirer de magnifiques paysages et nos premiers baobabs du séjour ! Au sommet, nous avons pique-niqué et bavardé en profitant d’un superbe panorama. La descente fut plus facile. Boueux mais heureux, nous sommes rentrés au Lycée.

Surprise du soir, nous avons passé la soirée dans un dancing où nos correspondants nous ont rejoints. Quelle soirée !

La journée du dimanche fut basée sous le signe de la culture. Le matin, nous avons eu l’occasion d’assister à une messe et l’après-midi, certains de nos correspondants sont venus nous donner des cours de danse, de djembé ainsi que de Doumdoum (un  autre type de percussion africaine). Dimanche soir, un palabre fut organisé avec nos correspondants afin de faire le point sur les échanges, passés et futurs.

 

Comme vous pouvez le constater, le voyage se déroule à merveille. Nous allons encore profiter des derniers jours de cette expérience haute en culture et pleine de découvertes. Nous vous reviendrons la tête pleine de projets, de rêves, de joie de vivre, de moments forts partagés ensemble.

En espérant que ces quelques lignes auront un peu comblées votre curiosité. Nous pensons fort à vous depuis notre nouveau ‘‘chez nous’’.

Vos amis les ‘’Yovos’’ qui tardent de vous raconter leur séjour.

 

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