Témoignage d'une jeune bénévole

Le 13/09/2010

« Responsable bénévole », « Education au développement », « Encadrer un groupe de jeunes ».

Voilà des mots qui me faisaient encore bien peur il y a un an ! Et pourtant m’y voici, de retour d’un voyage inoubliable avec un groupe de 42 personnes et des souvenirs pleins la tête. Quand je repense à mon hésitation, à cette angoisse que j’avais de ne pas savoir assumer autant de responsabilités je me remercie moi-même d’avoir osé franchir le pas. Car rien que le fait d’avoir envoyé cette lettre est à la base d’un réel tournant dans ma vie.

Je revenais tout juste de mon premier Do It, de ma première découverte du Burkina Faso et de l’Afrique par la même occasion. J’avais des questions plein la tête mais s’il y a une chose dont je ne doutais pas c’était de ma volonté à poursuivre mon engagement. Etre staff ne me tentait pas plus que ça mais l’envie de repartir, l’envie de continuer et l’envie de transmettre toute mon expérience aux suivants était bel et bien là. Alors je l’ai fait, ne sachant même pas si j’allais être prise mais comme le dit si bien le dicton « qui ne tente rien n’a rien ». Et la réponse est tombée quelque jour plus tard, aussi attendue qu’une pluie tropicale après des mois de sécheresse : j’étais acceptée, j’allais participer au Do It With Africa 2010.

Bien sûr, envoyer une lettre n’est pas tout. J’avais des craintes et mon âge était la première d’entre-elles. A 16 ans je me voyais mal encadrer des jeunes qui pouvaient avoir jusqu’à 18 ans mais mon premier voyage me donnais déjà une longueur d’avance par tout ce que j’avais pu en retirer. Et puis je n’allais pas être abandonnée face à un groupe tout de suite car tous les « G » (les jeunes ayant déjà vécu un Do It et étant staff pour la première fois) suivent en début d’année une formation répartie sur onze journées. J’y ai appris la création de DBA, le fonctionnement des ONG en Belgique, la façon dont elles sont financées, la gestion d’un groupe, du stress, comment assurer une bonne communication au sein de l’équipe ou avec les jeunes, etc.

 J’ai approfondi mes connaissances sur des sujets que j’allais cette fois devoir enseigner moi-même ; à savoir la dette, l’immigration, la désertification et encore tant d’autres. A côté du cette partie « formation » il y a aussi eu le côté plus humain. J’ai fais la connaissance des autres G, partis dans d’autres voyages que le mien, à qui je n’avais jamais parlé auparavant mais qui comprenaient sans difficultés tout ce que j’avais vécu. Nous ne nous connaissions pas et pourtant notre expérience similaire de l’Afrique créait entre nous un lien fort.

Après cette année riche en apprentissages et en échanges le jour J est enfin arrivé. Le départ, cette fois avec un groupe et une place très différente de l’année précédente. J’ai vécu ce voyage de deux façons.

Premièrement, c’était un retour, une redécouverte de l’Afrique, une retrouvaille avec tous mes amis burkinabés, un enrichissement personnel énorme et une expérience qui m’a fait grandir.

Deuxièmement, c’était une vision très différente du voyage car ma place me donnait un recul par rapport à tout ce que je faisais. Il fallait gérer plusieurs aspects, soutenir le groupe, être présente, les écouter quand ça n’allait pas, les remotiver dans les journées plus difficiles, entretenir de bons rapports avec les partenaires africains et toujours garder une vision d’ensemble sur le séjour.

Autant au niveau personnel que d’une façon plus générale ces trois semaines furent un pur bonheur. Le dernier soir, lors des remerciements j’ai enfin réalisé ce que j’avais vraiment fait. J’avais tout simplement contribué à … changer la vie de 42 personnes. Aucun d’entre eux n’est revenu indemne du Burkina Faso et les souvenirs resteront à jamais gravés dans notre mémoire à tous.

Rien pour moi n’équivaut à me dire que je n’y suis pas pour rien et que j’ai apporté une part de moi-même dans la réussite de ce voyage.

Le sens que je donne aux séjours d’immersion de DBA va bien au-delà d’un simple voyage en Afrique. Il est dans le changement des mentalités, dans les amitiés crées entre des jeunes du nord et du sud et dans tous les projets qui en suivront. Et en tant que staff je peux dire que je suis fière d’y avoir trouvé ma place !

 

Elizabeth,

(Partie pour la première fois au Burkina Faso en 2009, a encadré un groupe dans ce même pays en 2010)

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