Retour sur l'Afrique en 2005...

Le 12/01/2006
L’ espoir d’un jeune africain pour l’avenir d’un pays et d’un continent.

Comme un fleuve, l’année 2006 qui vient de commencer continue son cours. 2005 est bien mort, et, de ces ruines, pousse l’année nouvelle, que nous espérons meilleure. Les gens, ici comme ailleurs, ont coutume de se présenter des vœux et des souhaits à l’orée de chaque année nouvelle. C’est bien! Mais ne serait-ce pas encore mieux de se réveiller de ses rêves, de grever contre la carence des initiatives et des idées, pour progresser un peu ? Sinon, n’y a-t-il pas de risque qu’en passant un ou deux mois (sinon plus) à se présenter des vœux, l’on attende les 10 ou 11 autres mois à ne pas les voir se réaliser ?

En une année, on a connu partout des hauts et des bas. Mais des faits qui ont marqués les douze mois écoulés au Burkina Faso, nous ne pouvons passer sous silence l’organisation des élections présidentielles du 13 novembre dernier (après ceux de 1991 et de 1998). Les burkinabé sont sensés avoir choisis le meilleur programme politique à même de leur assurer un mieux être. Si les votes n’ont pas obéît à « la politique du tube digestif » qui veut que le plus crédible soit le plus riche et partant, celui qui vous tend le plus la main, et si c’est en connaissance de cause que les votants ont donné leurs voix à des programmes et non à des individus, quoi attendre alors, sinon un bond en avant, à travers la mise en œuvre des mille promesses faites lors des meetings politiques. Wait and see ! Car, ce n’est pas la chose la plus certaine !!!

Toutefois, il faut reconnaître que le Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres de la planète, ne dort pas sur ses lauriers. Certes, le chemin du développement est encore long, et beaucoup de choses restent à faire. Mais les dirigeants semblent avoir enfin compris que l’on ne développe pas un peuple, mais qu’un peuple se développe plutôt lui-même. Aussi, sommes-nous engagés dans la voie de la décentralisation, notamment administrative. En avril dernier déjà, à la tête de chacune des 13 régions, a été installé un gouverneur. Le processus se poursuivra avec la mise en place prochaine des communes rurales, pour apprendre aux collectivités locales qu’elles doivent se prendre en charge. C’est bien vu ! Pourvu que les moyens suivent, que la rigueur et le sérieux ne fassent pas défaut dans la mise en œuvre des activités, et surtout, que l’on ne tombe pas dans la réplication béate de ce qui a été vu ailleurs. Il faut dépasser les modèles déjà vus sous d’autres cieux, pour se créer une voie originale, en fonction du contexte singulier de notre pays. Sinon, la montagne d’espoir suscité risque de n’accoucher que d’une maigre souris.

Evidemment, nous espérons que l’année 2006 verra aller de l’avant la lutte contre la pauvreté, que la croissance économique que l’on chante à qui veut l’entendre (sans incidence aucun dans le panier de la ménagère de Villy, de Lapio ou de Baripsi) sera accompagné de plus de justice sociale, et que s’en trouveront améliorés l’accessibilité des populations aux infrastructures sanitaires, éducatives, hydrauliques et autres.

Espérons enfin que pour notre beau continent, la corruption, la guerre, l’agonie de la morale, la mal gouvernance, la marginalisation de la femme… (autant de limites constatées ou amplifiées au cours de l’année écoulé en Afrique et au Burkina Faso), ne finiront pas par agenouiller notre chère Afrique qui relève pourtant des défis chaque jour...

En effet, la récente élection d’Ellen Johnson Sirleaf (première femme président en Afrique) à la tête du Libéria, est la preuve palpable que les africains peuvent en découvre avec les préjugés, et que le sort de la femme africaine n’est pas scellé (par la tradition) une fois pour toutes.

C’est pourquoi j’ai malgré tout espoir en mon pays et en l’Afrique de demain. J’espère en une Afrique qui se tourne résolument pour emprunter courageusement la voie de l’unification, pour que des 53 Etats, émergent des idées nouvelles et des citoyens conscients, responsables et avertis, qui fassent que les africains se mettent débout comme un seul homme, pour jouer leur partition dans le concert des nations.

Je demeure convaincu que le monde de demain sera avec les africains ou ne sera pas. Parce que le chemin emprunté n’est pas celui du développement, mais plutôt celui de la croissance économique. Or, pour un homme, qu’est-ce que l’économique sans le social ? : un géant au pied d’argile, un château de carte… Sa chute est inéluctable.


TONDE Jean-Baptiste

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