Témoignage d'Hélène, professeur à l'ISMJ.

Le 18/05/2015
                        
Hélène a accompagné, avec 3 autres professeurs de l'Institut Sainte Marie Jambes, un groupe de 25 élèves lors d'un séjour d'immersion au Bénin. De retour depuis un mois, elle partage avec nous les souvenirs de son expérience.

Si ce voyage était une couleur, ce serait d'abord le rouge.

Rouge comme la terre que nous avons si souvent foulée, sur le sol de l'école, sur la route des esclaves, sur le chemin de l'orphelinat ou au beau milieu du marché.

Rouge comme la douleur de certains Béninois, écorchés par la vie. Mais rouge aussi comme leur détermination à s'en sortir, à déplacer des montagnes, à changer leur monde et celui de leur prochain.

Je verrais aussi du vert. Vert comme l'espoir présent dans les yeux des habitants, des citoyens battants dans cette société que ne les a pas toujours épargnés. Vert comme la nature luxuriante habitant les collines de Dassa. 

Je rajouterais aussi quelques touches de jaune. Jaune comme la joie dans les regards et les sourires des jeunes, en discussion avec leurs correspondants, en admiration devant les paysages, en communion avec les intervenants.

Si ce voyage était une odeur, ce serait d'abord celle de la cassonade, l'air de notre lieu de logement en était imprégné, comme si des grains de sucre avaient été déposés là-bas pour nous rappeler qu'en Belgique aussi on pensait à nous.

Quand j'y pense, l'air se teinte aussi d'une odeur de feu. Le feu de joie autour duquel nous avons célébré la clôture avec les correspondants et la maîtrise, le feu qui cuisait nos soupers, le feu dans les yeux des enfants qui ont toute la vie devant eux.

Si ce voyage était un bruit, ce serait celui du tamtam qui appelait nos jeunes lors des rassemblements, qui rythmait nos journées, qui rythmait notre vie.

Ce serait aussi le bruit des vagues à Ouidah, ramenant continuellement sur la plage, malgré la puissance du courant, un champ de nouveaux possibles.

Sans oublier le bruit des klaxons, qui me rappelait sans cesse que l'interprétation du code de la route n'est décidément pas la même partout.

De retour ici, les couleurs ne sont plus les mêmes, les odeurs ne sont plus les mêmes, les bruits ne sont plus les mêmes. 

Mais quelque part au fond de moi, mon coeur garde en mémoire ces sensations et ces souvenirs riches en émotions qui m'ont fait vibrer pendant trois semaines... 

Parce qu'on ne peut pas revenir indifférent d'un tel voyage. Chacun à sa manière le vit, l'intègre, s'en imprègne et en libère certains secrets. 

Et le secret le plus important pour moi à partager de cette expérience, est l'importance du partage. Au Bénin, en Belgique, entre proches, avec des étrangers. Partager ses différences, partager ses tristesses, partager ses joies, partager ses richesses. Et c'est tout ce que je souhaite à notre beau groupe de jeunes...

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